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©Natacha Weiss
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©Natacha Weiss

Carême: semer, jeûner, se relier et partager

Cheminement
Entre vente de roses, semaines de jeûne, soupes communautaires et cultes Terre Nouvelle, le carême s’impose comme un temps de pause, de réflexion et d’engagement solidaire au coeur des paroisses.

Chaque année, la vente de roses revient comme un rendez-vous attendu dans de nombreuses paroisses. Un geste simple mais dont la portée est profondément symbolique. «La fleur évoque la renaissance après l’hiver, le retour de la couleur et de la vie», explique Daniel  Chèvre, animateur Terre Nouvelle. Les roses, issues du commerce équitable, sont achetées directement à de petits producteurs du Sud, rémunérés à leur juste valeur. Les fonds récoltés soutiennent ensuite les projets de la Campagne de carême.

À côté des fleurs, les sachets de semences pour prairies fleuries prolongent le message: planter aujourd’hui pour favoriser la biodiversité demain. Une pédagogie concrète, souvent portée par les enfants, très impliqués dans l’action. «Vendre des roses, c’est une manière accessible de parler de solidarité internationale, même à 10 ans. Et les montants récoltés sont impressionnants.» Autre pilier de la période: les semaines de jeûne, proposées cette année à Reconvilier, Tramelan, Bienne et Delémont. Loin d’une simple privation alimentaire, le jeûne est pensé comme une expérience globale. «Il s’agit de ralentir: son rythme, ses activités, son mode de vie», souligne Daniel Chèvre. Jeûner, c’est redonner une valeur à ce que l’on mange. 

Cette année, le thème des semences ouvre des réflexions larges: écologie, modes de production, conditions pour «faire pousser» une société plus juste. Les temps de partage s’appuient sur des textes bibliques qui résonnent avec les enjeux contemporains. Le public est varié: majoritairement féminin, mais intergénérationnel, mêlant actifs, jeunes parents et personnes plus âgées. La participation reste stable, avec des personnes présentes depuis parfois quinze ans et d’autres qui découvrent, puis reviennent.

Un retour à l’essentiel
Les soupes de carême incarnent quant à elles la convivialité. Avec des recettes simples – pommes de terre, carottes, poireaux –, elles rappellent un temps où les réserves étaient maigres à la fin de l’hiver. «Aujourd’hui, nos supermarchés débordent de tout, en toute saison. La soupe de carême nous ramène à l’essentiel», observe Daniel Chèvre. Manger ensemble crée du lien. Les bénéfices soutiennent les projets de la campagne et, selon les lieux, une présentation ou un calendrier de carême accompagne le repas, sensibilisant aux enjeux de justice sociale et de solidarité internationale.

Enfin, les cultes Terre Nouvelle se distinguent par leur ouverture sur l’Église universelle. «Ils rappellent que nous ne sommes pas chrétiens seuls», souligne l’animateur. Témoignages, chants dans d’autres langues, présences venues d’ailleurs apportent un souffle vivant. Ces célébrations interrogent les modes de consommation, nourrissent l’engagement et laissent des traces: dons, participation aux soupes ou à d’autres actions.

Au fil de ces initiatives, le carême apparaît comme un temps creux fécond, un espace pour réfléchir à ce qui nous nourrit vraiment, individuellement et collectivement. «Avant Pâques et la résurrection, il y a ce temps de questionnement», résume Daniel Chèvre. Semer, jeûner, partager: autant de gestes modestes qui, mis ensemble, dessinent un chemin de solidarité.

Côté pratique
La vente des roses aura lieu le samedi 14 mars dans différentes paroisses de la Région. Les semaines de jeûne sont organisées du 4 au 11 mars à Reconvilier, Tramelan et Bienne; du 28 mars au 4 avril à Delémont. Deux cultes Terre Nouvelle jalonneront également cette période: dimanche 1er mars à Bienne et dimanche 8 mars à Porrentruy, en présence de l’hôte de la campagne. Par ailleurs, de nombreuses paroisses proposeront tout au long du carême des soupes communautaires, invitant à vivre ce temps liturgique sous le signe du partage et de la solidarité.